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Comprendre enfin les termes utilisés par ton dentiste

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Le guide pour enfin comprendre ce qu’il se passe dans votre bouche

Dans chaque article de Sourire Santé, on te révèle un lien surprenant entre ta bouche et ta santé globale. Aujourd’hui communiquer avec son dentiste et avoir une reformulation claire, humaine et bienveillante.

Vous avez déjà ressenti ce léger vertige lorsque votre dentiste s’adresse à son assistante au-dessus de votre bouche grande ouverte ? Entre les « apex », les « poches parodontales » et les « couronnes périphériques », on se retrouve parfois dans la position inconfortable de quelqu’un qui acquiesce sans vraiment comprendre. Et pourtant, bien comprendre ce qu’on vous explique — et savoir poser les bonnes questions — peut changer radicalement la qualité de votre suivi, la pertinence de vos choix de soins, et même votre relation au fauteuil. Voici un exemple d’une relation non conforme https://www.sourire-sante-le-lien-inattendu.fr/maltraitance-medicale-impacts-psychologiques-et-solutions/

Ce guide n’est pas là pour remplacer votre praticien. Il est là pour vous aider à mieux dialoguer avec lui.

Pourquoi votre dentiste utilise un langage technique ?

La terminologie dentaire n’est pas là pour exclure le patient — elle existe parce qu’elle est précise, universelle et sans ambiguïté possible entre professionnels. Quand deux chirurgiens-dentistes parlent d’une « lésion inter-proximale au niveau de la 36 », ils savent exactement de quelle dent il s’agit et où se trouve le problème. Ce qui est fonctionnel en coulisses devient un obstacle en consultation.

Le problème, c’est que peu de praticiens prennent le temps de « traduire » spontanément. Pas par mépris — souvent par habitude, ou parce qu’ils supposent que vous comprendrez l’essentiel. Mais vous avez le droit, et même le devoir envers vous-même, de demander des explications claires.

Je l’ai souvent remarqué et je reformule jusqu’à ce que la personne me dise que c’est clair pour elle.
https://www.sourire-sante-le-lien-inattendu.fr/sourires-retrouves-rires-partages-et-liens-inattendus-relation-patient-dentiste-pas-comme-les-autres/

Le petit dictionnaire ou terminologie dentaire que votre dentiste aurait dû vous donner

1/ La bouche et ses habitants

explication de la structure d'une dent

Les dents et leur numérotation Votre dentiste utilise souvent la numérotation internationale dite « système FDI ». Chaque dent a un numéro à deux chiffres : le premier indique le quadrant (1 = adulte haut droite, 2 = adulte haut gauche, 3 = adulte bas gauche, 4 = adulte bas droite), le second indique la dent dans ce quadrant de l’avant vers l’arrière. Ainsi, la « 16 » est votre première molaire supérieure droite, et la « 36 » est votre première molaire inférieure gauche.

Les faces d’une dent — La face vestibulaire (ou buccale) : celle qui regarde la joue ou les lèvres. — La face linguale (ou palatine en haut) : celle qui regarde la langue ou le palais. — La face mésiale : celle qui regarde vers le centre du sourire. — La face distale : celle qui regarde vers le fond de la bouche. — La face occlusale : la surface qui mastique (pour les molaires et prémolaires). — La face interproximale : l’espace entre deux dents voisines, là où la carie se loge souvent en silence.

Apex : la pointe de la racine d’une dent, tout en bas sous la gencive dans l’os. Quand on parle d’une « lésion apicale », c’est qu’une infection s’est développée à cet endroit.

Pulpe : la partie vivante de la dent, à l’intérieur, qui contient les nerfs et les vaisseaux sanguins. Quand elle est atteinte, c’est elle qui provoque les fameuses douleurs vives. Le traitement consiste alors à la retirer : c’est ce qu’on appelle la dévitalisation ou traitement endodontique

2/ Les soins dentaires courants décryptés

Carie : une destruction progressive de l’émail, puis du tissu sous-jacent, causée par les bactéries. Elle est invisible au début (voilà pourquoi les radios sont indispensables) et n’est douloureuse qu’à un stade avancé.

Obturation (ou amalgame, composite, inlay) : c’est le terme médical pour ce que tout le monde appelle le « plombage ». On parle d’amalgame pour les obturations métalliques grises (de moins en moins utilisées), de composite pour les obturations en résine blanche, et d’inlay/onlay pour les pièces en céramique ou composite fabriquées en laboratoire.

amalgame remplacé par un onlay

Dévitalisation (ou traitement canalaire ou endodontie) : on retire la pulpe de la dent, on nettoie et on scelle les canaux radiculaires. La dent reste en place mais n’est plus « vivante ». Contrairement aux idées reçues, elle peut durer très longtemps si elle est bien protégée ensuite, généralement par une couronne.

comment on dévitalise une dent

Couronne : une prothèse qui recouvre entièrement la dent visible au-dessus de la gencive. On dit souvent « poser une couronne » — ce qui implique de diminuer la dent naturelle pour lui faire un chapeau sur mesure, en céramique, en métal ou en composite.

modèles de couronnes dentaires

Bridge : une prothèse fixe qui remplace une dent manquante en s’appuyant sur les dents voisines, qui doivent être taillées pour servir de piliers. Imaginez un pont dont les piles soutiennent une travée centrale.

bridge de 3 éléments avec 1 dent remplacée

Implant : une vis en titane qui est vissée chirurgicalement dans l’os de la mâchoire pour remplacer la racine d’une dent perdue, sur laquelle on fixe ensuite une couronne. Ce n’est pas un soin de confort — c’est souvent la solution la plus pérenne et la plus proche d’une dent naturelle

dent remplacée par un implant et une couronne dessus

3/ Les maladies des gencives : ce qu’on oublie souvent

Parodonte : c’est l’ensemble des tissus qui soutiennent la dent — la gencive, l’os alvéolaire, le ligament alvéolo-dentaire. C’est l’armature invisible de votre sourire.

Gingivite : inflammation de la gencive, souvent due à la plaque bactérienne. La gencive saigne au brossage ? C’est un signal d’alarme classique. La gingivite est réversible avec une bonne hygiène.

gingivite

Parodontite : une gingivite non traitée qui progresse et atteint l’os. L’os se rétracte, les dents se décollent de la gencive, des « poches parodontales » se forment. C’est irréversible : l’os perdu ne repousse pas. La parodontite est la première cause de perte de dents chez l’adulte.

parodontite

Poche parodontale : l’espace anormal qui se forme entre la gencive et la racine de la dent lorsque l’os a reculé. Elle se mesure en millimètres avec une sonde. Jusqu’à 3 mm, c’est normal. Au-delà, c’est préoccupant.

évolution de la maladie parodontale

Détartrage / surfaçage radiculaire : le détartrage élimine le tartre au-dessus de la gencive. Le surfaçage (ou « détartrage profond ») nettoie les poches sous la gencive pour traiter la parodontite. Ce n’est pas anodin et se fait souvent sous anesthésie locale.

Récession gingivale : la gencive recule et expose le collet, voire la racine de la dent. Cela peut provoquer une sensibilité au chaud/froid et favorise les caries radiculaires.

récession gingivale sur une incisive

4/ Les mots qui font peur (à tort ou à raison)

Nécrose : la pulpe de la dent est morte. La dent peut paraître normale mais ne réagit plus aux stimuli. Elle peut s’assombrir avec le temps.

Abcès : une poche de pus due à une infection bactérienne. Il peut être d’origine dentaire (un canal infecté) ou parodontal (dans une poche gingivale). Un abcès ne se traite pas avec des antibiotiques seuls — il faut traiter la cause.

Kyste : une cavité remplie de liquide qui se forme parfois à l’apex d’une dent nécrosée. Il se voit sur la radio mais peut rester indolore longtemps. https://www.sourire-sante-le-lien-inattendu.fr/tendinite-et-kyste-dentaire-le-lien-meconnu-chez-les-sportifs/

kyste sous une couronne

Granulome : une réaction inflammatoire autour de l’apex, souvent confondue avec le kyste sur la radio. Le traitement est similaire : retraitement canalaire ou extraction.

kyste important sur des incisives suite à un choc

Séquestration osseuse : un fragment d’os nécrosé qui se détache et peut s’extirper naturellement ou chirurgicalement, parfois après une extraction difficile.

Les 7 questions à poser systématiquement à votre dentiste

La bonne consultation, c’est un dialogue. Voici les questions qui changent tout :

1. « Pouvez-vous me montrer ça sur la radio ? » Les radios sont le premier outil pédagogique. Un praticien qui prend le temps de vous montrer ce qu’il voit — une carie, une poche, un apex sombre — vous permet de comprendre concrètement l’urgence ou non d’intervenir.

2. « Est-ce urgent, ou peut-on attendre ? » Tout n’est pas une urgence. Certaines caries débutantes se surveillent sans intervenir immédiatement. D’autres demandent une action rapide. Savoir situer votre problème dans ce spectre vous aide à prioriser, surtout si le budget est une contrainte.

3. « Quelles sont les alternatives à ce traitement ? » Pour beaucoup de situations, plusieurs options existent. Extraire une dent ou la conserver avec un traitement endodontique, poser un bridge ou un implant, opter pour un composite ou une céramique… Demandez les pour et les contre de chaque option.

4. « Et si on ne fait rien ? » Question cruciale. Connaître l’évolution naturelle du problème vous permet de peser le rapport bénéfice/risque du traitement proposé versus l’inaction.

5. « Comment prévenir que ça se reproduise ? » Trop souvent, on traite sans expliquer comment on en est arrivé là. Carie après carie, même secteur : est-ce une question de brossage, de sucre, de salive, d’anatomie dentaire ?

6. « Quel est le coût total estimé, avant et après remboursement ? » La transparence financière est un droit du patient. Depuis la réforme du 100% Santé, de nombreux soins prothétiques sont pris en charge sans reste à charge — mais encore faut-il le savoir et le demander.

7. « À quelle fréquence souhaitez-vous me revoir ? » La surveillance adaptée dépend de votre profil de risque. Certaines personnes ont besoin d’un bilan annuel, d’autres tous les 6 mois, d’autres encore tous les 3 mois si une parodontite est en cours de traitement.


Osez le deuxième avis

En médecine dentaire comme ailleurs, le deuxième avis est légitime et bienvenu pour tout traitement lourd : implant, chirurgie parodontale, réhabilitation prothétique complète. Ce n’est pas une marque de défiance envers votre praticien — c’est une démarche responsable. Un bon dentiste ne s’en offusquera pas.


La communication, un soin à part entière

Le lien entre santé bucco-dentaire et santé générale est aujourd’hui bien documenté — c’est d’ailleurs tout le propos de ce blog https://www.sourire-sante-le-lien-inattendu.fr/let-them-theorie-une-meilleure-communication-patient-dentiste/.

Il y a quelque chose de profondément intime dans le fait de s’allonger dans un fauteuil, d’ouvrir la bouche et de faire confiance à quelqu’un que l’on voit souvent une ou deux fois par an. Cette vulnérabilité-là, on ne la mesure pas toujours consciemment — et pourtant elle est bien réelle. Elle explique en partie pourquoi tant de personnes n’osent pas poser de questions, acquiescent sans comprendre, ou repoussent les soins par crainte de « déranger ».

Mais voilà ce qu’on oublie trop souvent : votre dentiste a choisi ce métier pour prendre soin de vous. Pas seulement de vos dents — de vous. Et un patient qui comprend, qui s’implique, qui dit « attendez, je n’ai pas saisi » ou « est-ce qu’on peut regarder ça ensemble sur la radio ? » n’est pas un patient difficile. C’est un patient avec qui le travail prend tout son sens.

Le lien entre santé bucco-dentaire et santé générale — ce fil rouge qui court tout au long de ce blog — ne peut vraiment s’exprimer que si vous en êtes l’acteur. Pas spectateur. Pas simple exécutant d’ordonnances. Acteur, avec vos questions, vos doutes, votre histoire, vos contraintes.

Votre dentiste est l’expert de vos dents. Vous êtes l’expert de votre vie. La consultation, c’est l’endroit rare où ces deux expertises se retrouvent face à face — et où, quand le dialogue est bon, quelque chose de plus grand qu’un simple soin se passe.

Alors la prochaine fois que vous serez dans ce fauteuil, n’hésitez pas. Demandez. Faites répéter. Demandez à voir. Ce n’est pas de la méfiance — c’est du respect, pour votre praticien comme pour vous-même.

Et si vous repartez en comprenant ce qui vient de se passer dans votre bouche, c’est déjà une belle victoire.

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